Présentation

  • : Promenades..
  • monfoutoir
  • : Journal Intime
  • : Baguenaudez dans le bric à brac d'un vieux con de gaucher contra...riant On y parle un peu de mémoire et d'épi..pi.. Pour le reste, si vous cherchez l'image et le son.. passez votre chemin ! il y a bien mieux ailleurs.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

A vous la parole

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Texte Libre

Si vous avez une difficulté particulière à me lire (taille de la police, couleur)... Ecrivez moi, je vous enverrai un texte plus lisible..

 

Seul dans ce grand bureau. Ils et elle sont partis à je ne sais quelle
réunion...Et cette difficulté à avancer. Difficulté à nommer correctement
mes collègues de l'étage. Comment faire ? Comment  -pour commencer- créer cette liste correcte, exhaustive de tous ceux que je vois à la pause café, Et pourtant, ils ne sont pas si nombreux, et pourtant je les vois tout de même depuis près de deux ans, malgré ces longs arrêts.
Et ensuite, comment  associer un nom et une tête? Un tout petit mystère.. Et pourquoi cette obsession journalière à l'heure de cette rafraichissante
pause café? Pourquoi cette lutte contre soi même, chaque jour. Tous ces
trucs dérisoires, gestes, images, références religieuses. Thomas : "je ne
crois que ce que je vois'...geste vers les yeux, ces deux doigts en  V..
François...D'assises, Pierre : Tu es cette pierre, Christophe..qui a traversé l'Atlantique.. Jean-Luc, deux évangélistes à lui tout seul. Isabelle, Isabel la catolica.. Juste le plaisir de cette râlerie attendue,recherchée, parce qu'élevés tous deux dans l'église..., sommes impies, athées..."Bon, ça va bien, je suis athée".
Ils sont là depuis deux, trois, quate ans, et peut être plus. Arrivés dans,
ou après, la grande tourmente. Elles, moins nombreuses, je réussis à les
nommer. Quelquefois aussi, ces vieux de la vieille, que je connais depuis
tant et tant d'années.. Difficulté à les nommer. Soucis bien dérisoires sans
doute, et pourtant, si prégnants...
...
Hier, ce bonheur du vide-grenier. Et pourtant, tout cet univers qui vous
échappe. Tous ces livres qui changent de main. Le bonheur des paroles
échangées, des univers évoqués. Ces bouquins dont vous avez perdu le fil et le contenu. Il ne vous en reste que le bonheur qui'ils vous ont donné. Ce plaisir imprimé au fond de vous-même..Et puis au moment de les entasser dans  les caisses, ces remords "Ah non, pas celui là". Je le garde. Des pans entiers de votre existence. Quand tu auras tout vendu, vidé tes caisses, que te resterat-il ? Disparu le plaisir de l'échange, disparu le " ça pourrait vous intéresser ". Fini le "Quand on en a lu un on lit toute la série"...Cette journée m'a usé. Et pourtant, je suis rentré pour le repos de l'après-midi. J'ai eu grand mal à repartir à cinq heures, parler, évoquer
mes rencontres avec ces 'étrangers' espérantophones, qui vous ont été si
près, si présents..Mon correspondant Hirose qui refait surface au bout de
vingt ans, à travers Internet.

...Pour l'heure, pas avancé d'un pouce dans mon chantier. Je n'inscrirai pas dans mon pense-bête ces mots dérisoires : "Aujourd'hui j'ai réussi à ...", "Prochain objectif ...", "Mettre en priorité...". Le tout avec la date.
Garder une trace, pouvoir dire au chef..."Ben tiens, voilà où j'en suis.".
C'est tellement peu, et en même temps, c'est une piste, un laisser-passer,
un "Je ne suis pas venu pour rien"...

Ces mots, je les ai jetés ce matin, sur mon lieu de travail (feignant !). Et maintenant,  s'extraire péniblement de ce long repos allongé de près de deux heures. Se poser des questions, essayer de maintenir les paupières et l'esprit ouverts.. Des courriers ? Pourquoi cette torpeur? Journée d'hier trop lourde à porter?

commentaires (4)    ajouter un commentaire

J'ai évoqué à mots couverts, dans quelques messages, des soucis de mémoire. J'aimerais ici vider mon sac sur le sujet. Ce sujet qui m'a blessé depuis une foutue méningite en 2002.

Je suis un martien. Je suis arrivé sur cette planète, mais je ne sais plus par quel chemin. Je sais mon départ, et les 40 premières années de mon voyage, il me reste quelques instants des années suivantes...Mais la suite du voyage, les 5 années suivantes, tout ce qui justifie ma présence ici, la feuille de route, les dernières pistes...tout celà...disparu. D'autres le savent.

Cassure brutale en 2002.

L'amnésie c'est cette rage de savoir que d'autres en savent plus long sur vous même que vous. Cette dépossession, ce viol, cette absence.

Ce qui paraît si évident à votre entourage est désormais inaccessible, ce dont vous entendez parler à la télévision et à la radio, n'est plus de vos souvenirs mais des livres d'histoire. Tous ces téléphones portables dans la rue, tous vos enfants équipés d'ordinateur.. Arafat président d'une autorité palestinienne ? kézako ? Le passage à l'Euro, vous ne comprenez pas, le 11 septembre ne veut rien dire pour vous, l'éclipse totale de 1999, le changement de millénaire? Tout cela ne vous appartient pas. Ce ne sont plus des souvenirs, chargés d'émotion, de connotations, juste, au mieux, des informations sèches qu'on vous a rapporté, dont vous entendez parler à la télévision...

Vous devez passer du Souvenir à l'Information, à la Connaissance, toute roide sur son piédestal. Du "je me souviens" au "je l'ai appris et mémorisé". Vous passez d'un registre quasi affectif à un autre registre, beaucoup plus neutre, plus distant. Une dimension est perdue pour toujours. Doit alors commencer un travail de deuil, d'autant plus difficile qu'il porte sur du vent : ça a existé, je l'ai vécu, c'était une présence, une obsession peut être, je m'en souviens, ça m'a fait souffrir, ça a fait mon bonheur, ça me fait tel que je suis aujourd'hui, mais j'accepte de m'en détacher pour passer à autre chose, pour revenir à ce monde.

Tout celà signifie simplement : Je n'ai pas de passé. Je suis un martien, je suis bâti sur du vent, de l'absence.

Ces quelques années récentes, celles qui justifient votre situation actuelle, elles ne sont plus. Pourquoi suis-je là, dans ce travail là? Qu'est-ce qui, récemment, m'a amené où je suis, m'a fait prendre telle ou telle décision?

Il ne s'agit pas de psychanalyse, il ne s'agit pas de fouiller dans les couches de votre histoire. Ces couches là, anciennes, d'il y a dix ans, elles ne sont pas perdues, elles sont toujours là.

Les neurologues et tous spécialistes vous parleront de mémoire de travail, et de toutes sortes de mémoire. Ils ne vous évoqueront pas cette mémoire de travail qui porte non pas sur quelques minutes, mais sur quelques mois ou quelques années, ces souvenirs qui sont des pistes, qui sont ces ultimes moments de votre histoire qui vous ont amené là où vous êtes.

Aujourd'hui, peut être, je peux - presque - dire : Je ne suis plus amnésique...Pas que ces années perdues, ces quelques années d'avant février 2002, les toutes dernières 3..4, les plus fraîches, aient miraculeusement refait surface. Non, cette absence, fait toujours partie de mon existence.. Alors ?

Alors, peut être aujourd'hui puis-je dire à nouveau : j'ai un passé...J'ai ces trois années derrrière moi. Ces trois années, c'est cette mémoire de travail, ces fondations qui font que je suis qui je suis, ce recul, cette distance. Il n'y a plus rupture brutale entre l'avant et l'après, aujourd'hui. Dans ce nouveau passé, dans cette nouvelle vie, il y a conscience de cette perte, il y a omniprésence de ces anti-épiléptiques à prendre tous les jours, il y a souvenir de cette absence de souvenirs, il y a nouvelle piste, nouveau monde, nouvelles donnes, chargées elles d'émotion. Ces années elles m'appartiennent, elles ne sont pas simples informations, données acquises de l'extérieur. Je les connais, moi, de l'intérieur. Ce ne sont pas des mots qu'on me rapporte. Cette conscience de cette perte, qui m'a blessé, elle fait désormais partie de mon existence, elle cimente, elle existe. Dans ce nouveau passé, il y a couture avec un avant, plus vieux. Récupération de liens perdus il y a 15 ou 20 ans.réactivations.On saute, mais on n'ignore rien du fossé.

Pourtant, hier soir, sur évocation entre mère, mon épouse, et mon fils, d'un souvenir commun de l'année dernière - après cet accident de 2002 - j'ai compris, que cette difficulté à mémoriser elle ne m'avait pas encore tout à fait quittée...Encore du travail avec l'orthophoniste ?

Le ratiate

 

commentaires (8)    ajouter un commentaire

 

Sorti de sieste, ou repos, ou je ne sais quoi il y a presque une heure...Perdu dans l'espace temps, à ne savoir quel jour il est, à ne savoir ce que j'ai bien pu faire ce matin..Et j'ai froid, je ne veux pas sortir malgré conseil de Christine...'ça te ferait du bien, juste dans le jardin.'.. Mais non. Le corps s'y refuse, la tête renacle...Ce matin déjà ces mots, à 8h30 : 'Tu sais ce qui me ferait plaisir ?' . Moi : 'Oui, je vais t'ouvrir la porte...' Elle: 'Non, pas ça, retourne te coucher'.. Moi :'Mais je viens de me lever'... elle: 'On ne dirait pas'... J'ai obtempéré.. lever vers 9h, vagues occupations micro.. 11h30 Retourner s'allonger, tête dans l'étau, fatigue, chair de poule, et cette sorte de paralysie qui se déplace le long du corps, de membre en membre...Avant de s'effacer.. 11h50. Elle appelle du bureau. Tranquille...et puis soudain, alors que rien ne l'annonce, pas le moindre signe prémonitoire, il arrive, "le cri qui tue"..Puis rigolade, on passe...

...Et maintenant, se laisser envoûter par La Callas...

A d'autres jours cher(e) ami(e)s..

Le promeneur du val, Yves

 

commentaires (0)    ajouter un commentaire
blog voyage sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus