Paressez en toute chose, hormis en paressant.. Qu'il est malade ce monde qui nous encorage à la paresse et nous stigmagtise si nous nous autorisons le rien faire. Il est malade ce monde qui crée tous les outils pour nous ôter le travail et nous affamme si nous n'en avons plus... Nous produisons ce que nécessaire avec trois bras, là où il en fallait six, mais nous nous gardons bien de distribuer à ces six bras.. Ou de diminuer la charge des trois bras en la partageant entre les six.
Relisons "Travailler deux heures par jour" du collectif ADRET.;; ce bouquin, qu'on sort du grenier, cette date inscrite en haut 16/11/77 et mon nom. C'était il y a.. J'avais vingt ans...Je ne renie pas, passées les passions adolescentes pour le drapeau noir, ces interrogations et ces préoccupations.. Enfouies depuis des années... ça réapparait..On le retrouve ému, on retrouve ces paragraphes soulignés, ces :
On trouvera chez le flâneur une présentation de ce bouquin
Relisons Sansot et son "Du bon usage de la lenteur" :
En lisant cette nouvelle de David Lodge, "Mon premier job", on trouvera une parfaite illustration de ce thème. (un fils de famille, assuré de son avenir, est envoyé par son père faire un job d'été. Alors qu'il n'est nullement payé au prorata des ventes effectués, vexé de vendre moins que ses collègues, il se prend au jeu et finit par vendre plus qu'eux) :
Du vécu : Une nouvelle collègue arrive dans le bureau, il y a une semaine . Discours de mon collègue qui l'acueille :
Jusque là, rien à dire ! . C'est le b.a du métier depuis l'invention de l'Informatique...Ce même collègue sera bien embarassé de ce temps libéré... Il va l'utiliser pour ouvrir un autre chantier, et encore un autre, depuis trente ans.. Alors à l'autre bout de la chaîne, l'analyste lui en fournira des dossiers, et râlera si le résultat n'est pas là.. Et il en viendra à suggérer de rappeler l'autre collègue en vacances.. plutôt que faire une pause, inventer autre chose, s'ouvrir à autre chose que Cobol... et pour finir, de déclarer, depuis trente ans :
'Je n'en peux plus, je ne tiens que par les médicaments, je ne dors plus".."Je ne reste dans l'informatique qu'à cause de la prime".
Elle est richesse cette paresse qui nous mène depuis les débuts de l'humanité. Cette paresse, fruit de notre créativité, instrument nécessaire à notre créativité : Comment se libérer de telle tâche? Bon sang, mais c'est bien sûr.. Plutôt que passer ma journée en harassantes cueillettes et chasses qui ne me laissent pas de la journée.. Tiens, si j'inventais l'agriculture et l'élevage.
Nous sommes bien incohérents : incapables nous sommes de distinguer travail et ressources..
Tu travailleras à la sueur de ton front...
Ben, seigneur, nous essayons de suivre ton exemple et nous reposer.
Oui mon fils, mais, surtout, le dimanche, ne gaspille pas ton temps, viens me célébrer à l'office..
Nous sommes dans cette spirale infernale : Nous nous effarons des chiffres du chômage...que nous créons, chaque jour, par notre productivité.. Nous sommes riches, mais nous nous gardons bien de distribuer cette richesse.
Univers imbécile.. Croyons nous que le téléphone de poche et le portable vount nous libérer ? Que nenni! Nous pourrons être harcelé jusque dans nos campagnes.. Automobile ? Que non ! Cette automobile qu'il faut piloter, attentivement.. Nous réussissons à manger le sandwich, fumer, téléphoner tout en conduisant.. Marcher, jusqu'à l'arrêt, attendre tranquillement le bus - en fulminant contre la pluie et le froid ;-) - en fermant les yeux et révassant, prendre le bus, s'asseoir, se laisser conduire, descendre, faire quelques pas jusque qu'au tram.. et puis se laisser porter.. Et puis marcher pour les dernières centaines de mètres;. Bien sûr !
A vous la parole