Je vous ai mis l'eau à la bouche en évoquant 'du bon usage de la lenteur' de Pierre Sansot...
Comme j'ai l'a flemme de vous le disséquer, expliciter, disserter, je vous en cite quelques bouts...
(...) J'ai choisi mon camp, celui de la lenteur. J'éprouvais trop d'affection pour les méandres du Lot, un petit paresseux, et pour cette lumière qui en septembre s'attarde sur les derniers fruits de l'été et décline insensiblement.(...)
Pour ma part, je me suis promis de vivre lentement, religieusement, attentivement, toutes les saisons et les âges de mon existence.(...)
(là, le gras, c'est moi qui souligne!)
Les personnes si rapides devraient, en principe, accumuler une petite pelote honorable de temps libre où enfin elles vivraient pour elles-même sans se soucier d'une tâche imposée. Or à l'évidence elles me semblent vivre misérablement dans une sorte de pénurie, étant toujours à la recherche de quelques instants où elles seraient délivrées d'un forcing épuisant.
(...)S'abandonner à la rêverie : n'est-ce pas là le moyen le plus habituel pour ralentir le cours du temps, pour vivre entre deux eaux, celle de la vigilance et de l'inconscience ? Tandis que Jean-Jacques herborise et qu'il écoute les clapotis d'un lac, il en oublie l'heure et le complot de ceux qui à Paris lui en veulent. Mais n'est-ce pas là une vilaine forme de paresse ? Le rêveur préfère les images aux concepts car, pour prendre forme, ces derniers exigent du travail.
Et pour finir, du grand Brassens :
S'il faut aller au cimetière
J'prendrai le chemin le plus long
J'ferai la tombe buissonnière
J'quitterai la vie à reculons
Tant pis si les croqu'-morts me grondent
Tant pis s'ils me croient fou à lier
Je veux partir pour l'autre monde
Par le chemin des écoliers.
Moi non plus, je ne suis pas pressé d'y aller, pas envie de bouffer la vie par les deux bouts. Cool..coule raoul. Non d'un petit bonhomme en bois, j'approche de la cinquantaine...
...D'ici quelques jours je serai de retour parmi mes collègues de travail, après quelques mois d'arrêt. Laisser reposer la machine, s'autoriser des pauses, des re-poses, et merde aux facheux et grincheux. Aujourd'hui une commission décide si j'aurai droit à un mi-temps thérapeutique pour quelques mois. Fasse le ciel qu'il en soit ainsi.
A vous la parole