Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Promenades..
  • Promenades..
  • : Baguenaudes d'un gaucher amnésique.
  • Contact

Texte Libre

Fond De Grenier..

25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 09:41


On l'attendait cette conférence organisée par l'association... On se sentait interpelé par le sujet. On allait tirer des ponts, croiser des chemins.. Carrrefours de destins...


Du stress, de l'angoisse, de l'épilepsie...Vous y voilà, vous vous êtes pressé, vous ne trouviez pas trop la salle. Interroger. Pas de fléchages.. Ouf.. Retrouvé les copains copines de l'association.. Tenté de les nommer correctement..  La conférence commence à 15h. Ah bon, ce n'était pas la peine que je sois tendu, à accélérer le pas. Je vais avec eux flécher le parcours...


Comment l'évoquer ce stress quand vous hésitez à prendre la parole,les mots sur le bout de la langue... oh, vous n'avez pas l'air trop tendu à parler avec votre voisin, rigoler, râler parce qu'on ne parle pas vraiment de.. Vous ne voudriez pas couper la parole, ou bien évoquer des choses qui vous sont trop proches... C'en est fini de ces bégaiements que vous avez pu connaître pendant quelque temps.. Mais Cette tension toute bête parce qu'on a eu peur d'arriver en retard quand on ne savait trop où trouver la salle... On aimerait tant entendre parler de la tension du proche qui s'inquiète dès qu'une ombre passe sur votre visage, qui vous demande si vous n'avez pas oublié la boîte bleue... "Toi ça ne te fait peut-être rien, mais c'est moi qui suis mal".. Elle elle va rentrer vérifier la consommation du matin..

Avons nous évoqué tout celà? Qui aura jeté sur le tapis ces tensions propres ou celles du conjoint, dans le vécu quotidien? Vous vous moquez bien d'avoir une petite cassure, un hurlement, des crispations, des douleurs qui vont vous piéger.. Ce n'est rien.. "Je m'en fous dès lors que je perds pas connaissance".. "Si ça t'amuse de te donner en spectacle"... Qui des deux est le plus stressé, qui supporte le plus l'angoisse".. L'envie vous prend de lui donner à elle ce bout d'Urbanyl matinal, qu'elle se détende.. Elle est bien plus tendue que vous. Elle, elle sait.. Ces crises grand cinéma, vous, vous ne les avez pas vécu. Vous n'y étiez pas, vous avez oublié, et puis, quand on perd connaissance, que savons nous, nous n'y sommes pas.. C'est tout le paradoxe : L'autre souffre davantage, l'autre est témoin.. Mais l'acteur n'est pas là, il ne le vit pas. Après la conférence, vous le soupçonnez, il y aura cette question rituelle : "Combien ?".. Combien de cris, combien de hurlements à vous prendre par surprise.


Qui pendant cette rencontre, cette conférence, aura osé évoquer "pour de vrai", dans son vécu quotidien, ce dont il est question ?

Ce neurologue aura t'il évoqué ces dérapages entre épilepsie et manifestations épilepsoïdes, quand on va passer de l'un à l'autre, quand elles vont se réveiller mutuellement... Quand épilepsie va engendre stress et quand stress va amener épilepsie? Il va présenter les différentes formes que nous connaissons tous par coeur.. Et la psychologue va nous parler de sophrologie, méthode truc et machin, aborder un peu tout celà. A plusieurs reprises insister sur le fait que ça ne concerne pas uniquement les épileptiques.. Mais qui en douterait...Mais le thème de la conférence n'était-il pas, précisément,  de relier les deux ?


Et en dehors de ces généralités, qui aura parlé de ces bouts de technique qu'on va mettre en place, chacun de son côté, hors de toute école, pour trouver un instant de paix ? Ou bien qui aura dit "J'ai les jetons parce que je suis à cette conférence et je ne voudrais quand même pas pousser "le cri qui tue".


Epilepsie, stress.. Alors quelles pistes, quelles méthodes ? Parlons, disons chacun nos routes.. Et surtout c'est à chacun de choisir la route qui lui convient. Autant d'épilepsies que d'épileptiques... autant de méthodes anti-stress que de personnes concernées. Le simple fait de feuilleter ces bouquins qui vous annoncent telle ou telle méthode vous a fait sourire.. Voilà qui est bon pour le stress. Ou bien, vous vous aurez dit :"Tiens, voilà qui est peut-être bien une bonne idée". Et pour cette angoisse évoquée par cette dame face à des marches, cette envie de lui dire "peut-être tout bêtement, commencer par des toutes petites marches de quelques centimètres.. Et s'autoféliciter de la réussite".. Alors moi je vais évoquer mon "Ai réussi à : " qu'on laisse sur le bureau, pour s'y retrouver demain.. Des bouts de papier où j'aurai laissé la trace de réussites bien minimales qui vous mettent en confiance. Je vais dire mes "J'ai fait ça.. Maintenant je fais une pause". Après je reprends, je découpe les grands chantiers en petits chantiers dont je peux voir le bout, dont je peux dire "c'est fait', entre lesquels je peux faire des pauses. Combien elles sont nécessaires ces pauses pour pouvoir se libérer tranquillement, dans le silence et la flânerie toute bête, toute paisible, les yeux fermés.. Et puis, il y aura ces changement d'activité, pour passer d'un travail intello à une activité manuelle.. Et on fermera pendant quelque temps la boutique.. On dira froidement et tranquillement "Maintenant, je ne suis plus là pour personne". Cette absence là, elle sera voulue, ce n'est pas elle qui vous possèdera, mais vous qui la maitriserez..

Envie d'évoquer ces cahiers vrac où on va dépoter. Voilà qui vous servira de mémoire auxiliaire.. A y écrire vous vous y soulagerez.. A le feuilleter vous pourrez dire "ah, oui, nous y étions".. Ou bien ' ben dis donc, l'année dernière à la même époque ce n'était pas brillant'... Plusieurs hurlements dans la même journée, et maintenant seulement deux par mois.. Ces cahiers, autrefois, vous n'auriez pas osé les sortir pour y écrire.. Et maintenant.. Dis papa, c'est ton journal. Oui ma fille, c'est mon journal.. Et l'affaire est entendue.


Mais tout celà n'est pas sorti, le stress, la timidité ont vaincu la bête. Les mots n'ont pas été libérés. La chose n'a pas possédé mais vous n'en êtes pas pour autant débarassé.. Elle est là quand vous n'y êtes pas...


En voilà une conférence où on aura parlé de neurologie, où les questions auront porté sur des pillules truc et machin, où on aura parlé de stress et de méthodes chose.. Mais on n'aura pas évoqué ces chemins qui se croisent, ces ponts... dommage.


Mais il n'y  pas eu de cri, et par dessus le marché votre moitié ne vous a pas posé la question rituelle "combien".. Dommage, vous auriez pu répondre fièrement "zéro".... Tout fout le camp!


Partager cet article

Repost 0

commentaires

alain BARRE 13/12/2008 20:45

SUr un sujet pas facile à mettre en mots, à raconter, celui d'un vécu douloureux : une merveille d'écriture et un style vif, incisif qui ferait presque oublier qu'il parle de quelque chose lourd à porter ! Bravo pour ces pages, Yves, elles dépassent ta condition personnelle. Elles donnent à penser, à réfléchir et à s'émouvoir...cordialementalainB

lesclanchier 14/12/2008 12:11


Merci Alain,

Tes commentaires sont toujours source d'un grand plaisir...

Oui, cette conférence m'a déçu.. Les rapports entre les deux, ce renvoi de balle permanent a été fort peu évoqué... Qui va dire, tout bêtement  :  A quoi ça sert qu'on parle de
Neuro... psychologues, Neuro... psychiatres. ?

N'est-ce pas précisément parce qu'on fait le lien entre des bouts de matière bien réelle et des comportements vécus ?


Et à relire ce que j'ai pu écrire pour moi ou ce blog l'an dernier sur la conférence mémoire et épilepsies à peu près la même réflexion.. Qui va tracer les liens. Qui va réellement évoquer ces
médicaments qui vous cassent la mémoire.. Ou bien, tout bêtement cette mémoire cassée qui trouve la même origine que ces épilepsies.

Qu'un jour chauqe spécialiste trouve un peu de culture générale et s'intéresse à une autre spécialité..

Yves