Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Promenades..
  • Promenades..
  • : Baguenaudes d'un gaucher amnésique.
  • Contact

Texte Libre

Fond De Grenier..

14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 17:51

Dans sa course, il s'est jeté hors de ce tram bondé, pressé, compressé, entassé. Est-ce là que tu trouveras toutes largesses de la liberté.. En sa tête s'écrivait ce titre : "De la liberté en mouvement". Il ne pouvait qu'en entrevoir le contenu. Être libre c'est pouvoir se déplacer à sa guise, que nul Pouvoir ne te doive délivrer ce passe. "Pardon", "Pardon", "Pardon"..à grands coups de mots il avait taillé son chemin, usé de la machette, pu s'exfiltrer à l'encontre de ce flot montant. Respirer, inspirer, expirer. Jouir du bonheur de la pause...

Désormais il cherche en la tête ce chemin.... Depuis le temps, il le connaît pourtant par coeur.

Celui là est assis. Il porte la couverture, la timbale à son côté, le carton parle pour lui.

Il le voit bien. Passer comme si de rien n'était.. Après tout, il ne va quand même pas donner à tout un chacun, il n'en va pas finir de se faire bon samaritain sur la route de la bienséance. Et pour l'heure il doit aller à cette réunion du club. On l'attend là bas pour commencer la partie, il ne va quand même pas perdre deux minutes à fouiller dans ses poches... Ouais, bon.. Allez, après tout avec ce que je gagne je peux quand même bien laisser. Si je compte ces revues à la con, ces confiseries qui me pourrissent de l'intérieur et toutes les conneries qui finissent à la poubelle je peux bien faire un geste. Et puis, eux autres ils attendront un peu ils sont quand même capables de supporter ça, sinon ce n'est pas la peine, ils ne sont tout de même pas des flics et je suis un homme libre et homme libre toujours tu chériras l'amer. Facile.. .Bon. Et merde, ce portefeuille, ce porte-monnaie. Pas la moindre pièce sonnante. Zut, j'ai pas l'air d'un con maintenant. Bon.. Un billet de 5 Euros..Allez hop on ne va  pas...De quoi j'aurais l'air à me tirer comme ça.. "Bon courage". Il l'a donné à l'homme assis. L'autre a offert ce "merci".. Il n'en demandait pas tant.

Parti là bas. Partie. Full, brelan, plein aux as. Vivement que ça se termine. Quasiment pire qu'une journée au travailloir. Les autres là : "Ben dis donc, tu joues comme".. Le déballage valait bien tout vide grenier...Ouf. Il pouvait toujours se cacher derrière un "Ben, j'ai un rendez-vous qui m'attend".. Tous autres pouvaient toujours imaginer la bonne amie qu'on n'ose pas encore présenter, ou bien la maladie qu'on cache (bon, de toutes façons ça revient un peu au même!) ou tout autre motif aussi peu présentable. C'en était fini, il pouvait ramasser la montre en sa poche, soupirer un grand coup. La porte s'ouvrait sur le grand air, il se permettait..

A cette heure là le tram vous ouvre grand ses portes..On peut se permettre la place assise, se laisser bercer par les discussions un peu plus loin sans tenter d'en décoder quelque sens. Rien que vagues, va-et-vient, écumes de mots..

Il est descendu à Commerce.

Celui là est assis. Il porte la couverture, la timbale à son côté, le carton parle pour lui.

Il s'est approché. "Bonjour".. "bonjour".. "ça va bien monsieur". Celui là n'en attendait pas tant, voilà bien longtemps qu'il n'est plus monsieur. Que pouvait-il répondre à cet homme qui lui tend la main? L'autre doit être à moitié taré, c'est celui qui lui a refilé son billet tout à l'heure. Il s'est assis à son côté, il n'a rien dit. costard cravaté, qu'est ce qu'il vient foutre là?

Les pièces et les billets sont tombés.. Les ramasser vite..On dit bonjour au monsieur à la cravate, tout en se grattant la tête possédé par quelque doute. En attendant récupérer les sous.

Les heures ont passées. Trois mots échangés. "Vous voulez manger quoi?". "Je peux aussi prendre pour ma femme?". "Oui, bien sûr".  "Je reviens".  Il est revenu, bras chargés.

Les heures ont passées, doucement... Celui-là a dit. Il parle bien. Il évoque. Il dit. Il est. Il vit.

Désormais on voit la lune sur fond trop clair. La nuit sera froide..  Costard-cravate est parti sur un "bonne nuit". Il grelottait. Pas de santé.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

alain BARRE 29/04/2012 23:07


Plaisir de relire ce superbe texte !


cordialement


alainB

lesclanchier 13/05/2012 17:13



Bonheur à lire les compliments.. Plaisir à s'y replonger.. Faire honneur, mériter...






















Auteur : out




alain BARRE 11/03/2012 08:24


 La liberté ?....C'est aller et venir où l'on veut, certes ! Mais c'est aussi la liberté de faire quelque chose de bien !...


Quel style !


cordialement


alainB