Arrivé, déjà, à dix-sept heures, cinquantenaire, tout suffocant et tout blême,(euh, pas bien de copier sur l'épaule de l'autre ),
Voilà qui s'impose à moi...:
La plupart des hommes disent : "À cinquante ans, j'irai vivre dans la retraite ; à soixante ans, je renoncerai aux emplois." Et qui vous a donné caution d'une vie plus longue ? qui permettra que tout se passe comme vous l'arrangez ? N'avez-vous pas honte de ne vous réserver que les restes de votre vie, et de destiner à la culture de votre esprit le seul temps qui n'est plus bon à rien ? N'est-il pas trop tard de commencer à vivre lorsqu'il faut sortir de la vie ? Quel fol oubli de notre condition mortelle, que de remettre à cinquante ou soixante ans les sages entreprises, et de vouloir commencer la vie à une époque où peu de personnes peuvent parvenir !
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Enfin rien de plus extravagant que les colères de quelques-uns ; ils se plaignent de la hauteur des grands qui n'ont pas eu le temps de les recevoir. Comment ose-t-il se plaindre de l'orgueil d'un autre, celui qui jamais ne trouve un moment pour lui-même ! Cet homme, quel qu'il soit, avec son visage dédaigneux, vous a du moins regardé, il a prêté l'oreille à vos discours, vous a fait placer à ses côtés ; et vous, jamais vous n'avez daigné tourner un regard sur vous-même, ni vous donner audience. Comment ose-t-il se plaindre de l'orgueil d'un autre, celui qui jamais ne trouve un moment pour lui même ! .. Et tant d'autres réflexions de Sénèque qui valent toutes les revendications salariales, tracts et points de retraite.
Merci à philosophie magazine qui nous offre, dans son numéro de septembre, cette oeuvre de Sénèque, "De la brièveté de la vie", lui que Neron a contraint à mourir...
Bon, ça va bien, je n'ai pas que ça à faire, faut préparer à bouffer, regarder le foot, répondre au téléphone. Pas le temps de lire ces conneries d'un vieux.. ça a près de 2000 ans, faudrait peut-être vivre avec ton temps.. Et tiens, mon téléphone de poche qui sonne et j'ai intérêt à courir...