Baguenaudes d'un gaucher amnésique.
Ma clope..
Celle là ne sera pas celle du condamné.. Non pas tuyauterie fourrée entre les lèvres.. Ce ne sera pas nuage savamment aspiré.. Aspirer …Souffler… Point ne sera baptême, initiation adolescente , non plus que routine fatiguée..
La prendre hors les murs... loin de ceux qui, là, tout à l’entrée, vont bécoter l'objet entre index et majeur, ou, index sur le mégot, mégoteront au bord du cendrier, en évoquant chantier entamé, ou dernier match qui aura vu le goal arrêter magnifiquement ce Péno décrété on ne sait pourquoi par ce vendu d’arbitre. On ne sera pas du discours. Point on ne parlera avec eux questions politiques, syndicales ou “ de société ”..
La clope. Ma clope. On en reprendra une bouffée, à naviguer tranquillement, le pas paisible. On va les aspirer paresseusement ces goulées d’air frais… pausée la machinerie, promené le corps sous les arbres, traînée la savate sur le bitume... On se sera arrêté. L’avaler, promeneur solitaire, l’œil distrait par cette trace dans le ciel.. S’en emplir encore les poumons... Deux aspirants croisés.. deux mots tout de paix. Instant.
Laisser le temps se faire avoir, qu’il ne vous possède pas... Trop libre même, il n’y aura nulle place pour soliloque. Rien que silence amical.
A quelque moment, on fermera les yeux…Jouir de cette bienheureuse sauvagerie. Cette clope là vous est robinsonnade, sauvagerie du sage, distance.
Cette clope là n’est point véhèmmmecé, elle ne s’enlaidira pas d’une Oxygénation,… Vous l’aimez tout en son humilité cette bonne goulée d’air frais.