Ces mots ...Il vous fera du mal, le sait-il..? Sa mémoire le trahit-il, est-il bête, méchant, crétin...
... Pas la même chose pour ton père..
Comment ça...???
Ben oui, tu m'avais bien raconté qu'il avait fini en HP.. Tu m'avais même dit qu'il s'était enfui, une nuit...
Non mais ça va pas, arrête ton cinéma...ça va bien tes conneries.
Si, si , tu m'avais dit ça. Je m'en souviens bien.. C'était en 2001, nous étions ensemble dans le bureau du fond...
Et..ho, ça va bien comme ça...
Possédé, usé.. Doute, incertitude ?. Il a l'air tellement sûr, et puis l'autre collègue n'était pas là à l'époque.. Elle ne peut.. Cette mort, c'était dans les quelques années avant 2002. Dans votre première vie. On sait bien pourtant, on n'a jamais entendu parler de ça..
Cantine.. Incertitude. Destruction.. ça vous taraude, ça vous bouffe... La machinerie s'épuise... Aller voir la collègue qui était avec nous...
Dis..dis...dis..
Les mots qui ne peuvent, bégaiements, tensions... On ne peut articuler. On ne peut..ça a tant de mal à sortir. Les larmes sont là, tout au bord, la fureur... Qui êtes vous..
I..I... Il... Il a .. Il a bien dit ça?
...Oui, oui, c'est ce qu'il a dit.. Il avait l'air si sûr...
Ne parle pas de ça à Christine.. tu sais comment elle est à s'énerver si l'autre a ..
La blessure, la violence, la cassure.. Jeter le poing sur la table.. Vous n'avez que faire que ce soit dans un hopital psy, vrai, pas vrai.. Que réalité soit ceci, ou celà.. ça peut bien être tout... Mais... La possession. Vous la criez cette blessure, cette absence, quand d'autres sont plus forts que vous...
Vous n'en pouvez mais d'être celui là qui sera l'objet, l'objet du doute, l'objet de qui en sait plus long sur votre propre vie que vous même.. Douleurs.. D'autres.. n'être rien..Vous.. Qui êtes vous.. Vous le dites, vous le criez.. Être amnésique c'est : d'autres en savent plus long que moi sur ma propre vie..
On a peur... On n'ose pas interroger l'épouse, on ne connait que trop ses réactions épidermiques, électriques, elle pourrait s'en prendre à votre collègue, celui là même qui partage votre bureau.. Le doute, l'incertitude. La blessure...
Appeler l'ainé...
"..Papa, il est mort à la maison....?
" Non, je ne crois pas.. J'étais jeune. Je ne sais plus trop.. était-ce en 2000, était-ce en 2001.
La connais tu toi-même la date..??
Surtout, n'en parle pas à ta mère...Tu sais comment elle est...
Surement voilà qui est folie, surement voilà qui n'est que mauvaise farce...
Appeler. Demander... Téléphoner à cette soeur là.. Ne pas rester..
Lui dire, libérer cette inquiétude..
ça m'est parfaitement égal qu'il soit allé en psychiatrie, qu'il se soit enfui une nuit.. Mais je veux savoir..,ne pas rester comme ça..
Mais non..ou tu vas chercher ça . rire. Interloquée.. Oui, il est mort à l'hopital, un hopital tout à fait ordinaire ...Mais tu sais bien.. On ne sait trop ce qu'il avait depuis quelque temps....
Que les mots collent avec la réalité... que les mots disent, qu'ils ne soient pas..
Vous êtes là, la blessure. Le dire, le libérer. L'amnésie.. Cette violence.. La possession... D'autres sont vos patrons. Eux ils savent... Libérer les mots auprès de la soeur, lâcher cette tension, dire... Vous avez parlé, vous avez dit cette douleur qu'on vous inflige. bêtement, ou méchamment..
Vous le savez bien en 2002, quand on ne voit que sa mère... On n'ose pas.. On pressent, on ne sait pas.. Comment demander, comment ne pas passer pour un imbécile.. On a demandé, alors, à l'aîné, 12 ans alors.. Lui alors il vous le dit, tout bêtement .. Ben, papi il est mort..ça vous vous en souvenez, ça fait partie de votre deuxième vie, celle là il vous en reste des bouts..
Il vous a fait du mal celui là.... Ces mots là, du collègue.. Il vous aura cassé pendant ces quelques heures...
Se libérer désormais dans les mots..