Baguenaudes d'un gaucher amnésique.
Insuloirs….
La fourchette en l’air, j’ai fermé les yeux, béatement.. Se laisser bercer par ce brouhaha. Il n’est pas bruit, il n’est pas vacarme. Il ne vous agressera nullement. Ce sont vagues, flux et reflux de conversations, rythmes paisibles, bien ordonnés... Alentissements et redémarrages sans violence .. Son qu'on remonte, basses, bribes de discours, soudaines échauffées en échappées subites. A quelque moment on se laissera surprendre par trois mots évadés, on identifiera une voix. Celle là sera proche, ou bien connue elle se sera affirmée. Suivre doucement ces flux pour reprendre tranquillement ce repas. On va avaler paresseusement cette assiettée… Terminé ce repas on s’autorisera cette pause, renversé dans la chaise.. Sourire à l’univers, yeux clos…
“Je ne suis plus là..”. on a lâché cette affirmation de soi, paresseusement, tout en paix avec l’univers. Elle a clos votre phrase avant vous : “ …pour personne ”. Trouver ce cloître où enfermer sa quiétude… Ce partage généreux au moment même où on affirme sa prééminence. En tailleur, dos bien calé. Faire semblant. Jouer au moine tibetain. Livre ouvert à peine feuilleté…
Semi-allongé, doigts croisés sous la nuque en cette lumière tombante qui n’en peut mais, je me laisserai posséder par ces bouffées. Vents et pluies à se briser sur la toiture de la véranda. Tac, tac, tac, tac. Ruissellements, explosions dans ces flaques au dehors..
Être tout à soi..